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Chez Time for the Planet, croit-on que la technologie va sauver la planète ?

Publié le 15 septembre 2021

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Chez Time for the Planet, croit-on que la technologie va sauver la planète ?

Non. En tout cas, pas toute seule. Il faudra des décisions politiques courageuses, un changement drastique de nos comportements et des actions rapides. Mais la technologie devra, quoi qu'il arrive, tenir un rôle pour éviter la catastrophe environnementale. Et c'est à nous, citoyen·nes, de nous assurer qu'elle le fera.

1. Time for the Planet n’existe que pour agir. Pas pour préconiser un modèle de société.

Nous n'appelons pas à la décroissance ou à la croissance, pas plus que nous ne blâmons les grands pollueurs, ou ne cherchons à condamner les coupables du réchauffement climatique. On n'a plus le temps pour ça.

Nous faisons simplement un constat : la civilisation humaine est confrontée à une crise environnementale qui l’oblige à revoir son modèle de développement.

Notre seule conviction concernant l’avenir est qu’il ne ressemblera sans doute à aucun avenir prédit par une idéologie, un dogme ou une statistique existante. Il y a beaucoup trop de variables (politiques, scientifiques, économiques, comportementales…) qui entrent en jeu. Puisqu’on ne peut pas le prédire, il faut a minima essayer d’orienter ce futur. C’est ce que nous voulons tenter de faire.

2. Continuer sur le modèle actuel – une croissance basée sur les énergies fossiles et une financiarisation extrême - n’est pas viable.

Les énergies fossiles sont arrivées au bout de ce qu'elles pouvaient faire pour le développement de l’humanité. Elles ont permis une amélioration considérable des conditions de vie, essentiellement occidentales, mais pas uniquement. Tous les indices de développement humain (tels que l'espérance de vie, la mortalité infantile, l'extrême pauvreté, l’alphabétisation…) sont en quasi constante amélioration depuis 50 ans dans le monde. Mais elles ont aujourd'hui deux limites fondamentales. D'une part, le stock disponible  de pétrole et gaz, face à une demande toujours croissante, sera sans doute épuisé d'ici quelques dizaines d’années. D'autre part, le fait que leur extraction et leur utilisation génèrent des gaz à effet de serre (« GES ») et sont responsables du réchauffement climatique est aujourd'hui un fait scientifique acté.  

Les énergies renouvelables ne sont, pour le moment, pas en mesure de remplacer les énergies fossiles pour 2 raisons essentielles. D’abord, elles ne représentent que 20 % de l'énergie produite mondialement. C'est dire si l'on est encore essentiellement dépendants des énergies fossiles ! Ensuite, elles consomment elles aussi massivement des ressources limitées - les métaux plus ou moins rares - qui polluent pendant leur extraction et se concentrent uniquement dans certaines zones de la planète. Par exemple, pour construire un panneau photovoltaïque, il faut de l’indium et du gallium, des métaux rares et donc voués à s’épuiser.

Le modèle de société dans lequel l'argent ne sert qu’à consommer davantage ou à générer plus d'argent, constitue aujourd'hui un modèle de plus en plus décrié (voire rejeté) par les populations. Il pose la question de l'arbitrage entre rentabilité et durabilité, sans parler des inégalités sociales qu'il génère.   

3. La décroissance ne suffirait probablement pas, à elle seule, à résoudre la crise environnementale.

Bon, là-dessus, tout dépend évidemment de la rapidité de la décroissance. 

L’hypothèse terrible d’une décroissance brutale 

Si l’on arrêtait du jour au lendemain d’approvisionner le monde en pétrole et gaz, l’économie entière pourrait s’effondrer. Finis les déplacements en voiture pour se rendre à l'école ou au travail, exit le transport des aliments pour se nourrir, finie l'agriculture intensive, adieu nos industries… Pour rappel, l'électricité ne représente que 22 % de l'énergie consommée en France donc impossible de compenser les énergies fossiles pour le moment. Bienvenus chômage de masse, misère et fin de l’État providence (retraites, sécurité sociale, éducation gratuite…). 

Cette hypothèse revient quasiment à un retour au Moyen Âge, et donc à une vie que très peu de personnes dans les pays occidentaux sont capables de mener, voire même d'imaginer. On peut par exemple, souhaiter le retour à une agriculture sans mécanisation mais alors la société redeviendrait majoritairement agricole car il en faut des bras pour nourrir tout le monde avec autant d'efficacité que nos modèles intensifs actuels (voir le modèle des « esclaves énergétiques » développé par J.M Jancovici). Avec autour de 80 % de la population dans les champs, d’une part, les prix de la nourriture grimperaient considérablement et d'autre part, l'organisation de notre société changerait radicalement. Les services et l’industrie deviendraient alors minoritaires. Nous qui sommes habitués à notre confort matériel et à nos 35 à 40 heures de travail par semaine, ça serait un choc. Ce temps disponible pour apprendre, se cultiver, se reposer, se soigner, avoir une vie sociale, etc… est considérablement réduit dans un modèle où l’énergie fossile n'est plus disponible. Ce modèle correspond également à un monde dans lequel on meurt de maladies aujourd'hui disparues (sans énergie, pas possible de fabriquer les médicaments pour la population, ou de passer un scanner), où l’on n'a plus de bloc opératoire (une chute de cheval peut donc être fatale) et où potentiellement 1 enfant sur 2 n'atteindra pas l'âge de 10 ans. 

La crise du coronavirus, mettant à l’arrêt l'économie mondiale, n’arrive pas à la cheville - en termes de conséquences - de l'hypothèse d’une décroissance brutale.

Bien sûr, cette première hypothèse a peu de chances de se produire. Il est difficile de voir qui pourrait aujourd'hui la souhaiter tant elle aurait des conséquences radicales. En revanche, beaucoup de citoyen·nes appellent à une décroissance progressive. 

L'hypothèse impossible d’une décroissance graduelle (il est trop tard)

Une décroissance graduelle consisterait à réduire l'approvisionnement en énergie fossile progressivement, pour contraindre l'humanité à utiliser l’énergie uniquement pour ce qui est indispensable. On notera au passage qu’il va sans doute être difficile de se mettre d'accord sur ce qu’on va considérer comme « indispensable ». Ce challenge devra de toute façon être relevé, mais ce n’est pas notre propos.

Néanmoins, il faut avoir en tête le fait que le GIEC indique dans son rapport que l’humanité devra diviser par 3 ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 (Jean Jouzel, sommet mondial des maires). A l'heure actuelle, il est assez intuitif de montrer qu'il existe une corrélation entre la production d'énergie et le PIB. Autrement dit, choisir délibérément de réduire notre utilisation d'énergie implique une baisse du PIB. Or aujourd'hui, tous nos modèles économiques et sociaux (l’existence d’une retraite, le financement de la dette…) sont basés sur l’idée d’un PIB qui croît un minimum. Puisque 80 % de l'énergie mondiale est carbonée, une division par 3 de la production d'énergie carbonée entraînera assez mécaniquement une diminution du PIB mondial. Et le tout très rapidement, en à peine 30 ans. Or, on a aucune idée de comment gérer politiquement une société en décroissance ! Comment choisir entre diviser par deux les retraites, ne plus payer les instituteurs ou rembourser les médicaments ? L'épisode Coronavirus, a entraîné une chute des émissions de GES de 8 % mais a généré le plus important épisode d'endettement public et privé de l'histoire de l'humanité. Une décroissance graduelle de la consommation d'énergie est donc davantage possible qu’une décroissance brutale mais aura nécessairement un lourd coût sociétal. Surtout si elle n'est pas accompagnée d'un changement radical de modèle économique et social. 

Une prise de décision sur la décroissance, à l'échelle mondiale, presque impossible ?  

Quand bien même la France voudrait lancer cette décroissance ou se forcer à limiter les émissions de GES, un seul pays n’y changerait pas grand-chose. Il faudrait une prise de décision coordonnée au niveau global. Or, l'obstacle principal sur le sujet reste l’absence d'une gouvernance mondiale. Il suffit de regarder l'action d'un Trump ou d'un Bolsonaro pour voir qu'il est très crédible que bon nombre d'états se la jouent perso. L'imbrication des problématiques fiscales, sociales et réglementaires à l'échelle du monde rend l'hypothèse d’un déclenchement d’une décroissance choisie improbable (mais pas impossible). Comment décider de limiter la consommation d’énergie pour nos entreprises nationales, si leurs concurrentes internationales ne sont pas soumises au même régime ? Comment éviter que cela se transforme en une vague de chômage et d’inflation, puis par l’arrivée d’un gouvernement populiste et nationaliste au pouvoir, polarisant les priorités sur des questions identitaires plutôt que sur des considérations de durabilité du modèle économique ? 

Alors, comment diminuer les émissions de GES ?

Nous l’avons vu (et J.M Jancovici le développe largement dans ses vidéos), il existe un lien très fort entre production d'énergie et PIB. Par ailleurs, nous savons que 80 % de l'énergie mondiale est carbonée, c’est-à-dire qu’elle produit du CO2. Par conséquent, il existe 2 façons de diminuer les émissions de GES : 

a. Réduire globalement la consommation d’énergie

La consommation d'énergie doit être réduite dans de nombreux secteurs : techniques d’isolation des bâtiments, miniaturisation de l’informatique et des machines, recyclage ultra performant, remplacement des matériaux minéraux par des matériaux biologiques sont des pistes de recherche les plus essentielles. Et il faudra le faire sans que cela n’engendre une consommation d’énergie encore plus grande (« effet rebond ») ! 

b. Réduire la part carbonée de l'énergie mondiale 

Cela implique de trouver des solutions permettant la production et le stockage de l’énergie renouvelable, de ne plus être dépendants de ressources rares ou limitées et de les mettre sur le marché pour qu’elles s’imposent face aux technologies carbonées qui doivent devenir des techniques de l’ancien monde. 

c. Ne pas négliger les techniques de captation des GES

Le GIEC le dit bien : au rythme où nous allons, diminuer nos émissions de GES ne suffira pas à rester en dessous des fameux 2 degrés. Il va aussi falloir mettre au point des nouvelles technologies de captation du carbone qui permettront d’absorber un maximum de GES, une fois qu’ils auront été émis. Mais rien n’est simple : que ce soit la captation du CO2 ou du méthane, leur stockage ou leur transformation, tout cela nécessite des technologies qui sont aujourd’hui à peine émergentes. On ne pourra absolument pas s’en passer.

Ainsi pour diminuer les émissions de GES et absorber le trop produit, même si on est toujours d’accord qu’elles ne suffiront pas, il va falloir miser sur la technologie et l’innovation. C’est une certitude. 

d. High technology ou low-tech

Deux visions du monde s’opposent souvent dans le débat sur la réaction que nous devrions adopter face à la crise. Il y a les tenants d’une approche toujours plus technologique : la science pourrait à elle seule permettre une poursuite de la civilisation humaine avec le modèle de développement actuel. Plus de science, toujours plus de science : transhumanisme, objets tous connectés entre eux… À l’opposé, il y a celles et ceux qui défendent une dé-technologisation consistant à utiliser des techniques n’impliquant pas ou très peu de consommation d’énergie (le low-tech), et dont le coût de développement est très faible, car basées uniquement sur des techniques déjà maîtrisées. 

Time for the Planet n’est pas dogmatique et mise sur un mélange de la high-tech et de la low-tech en fonction des enjeux. Nous pouvons tout à fait concevoir la coexistence de milliers de vélos dans les rues de Paris avec des taxis autonomes électriques, conçus en bambous et avec des batteries organiques. Rien ne s’y oppose économiquement ou intellectuellement. La technologie n’est pas responsable des dégâts environnementaux, elle n’est que le résultat de choix qui ont été opérés dans un monde où les limites écologiques n’étaient pas conscientisées dans l’esprit des consommateurs, des inventeurs et des décideurs politiques (globalement, le XXe siècle). Mais le XXIesiècle a démarré avec une prise de conscience, et peut poursuivre sa mutation qui transforme peu à peu l’imaginaire de celles et ceux qui conçoivent les innovations, ainsi que de leurs bénéficiaires. Il suffit de comparer les dessins d’un futur radieux selon Albert Robida (Le vingtième siècle, 1883),et ceux d'Eiffage en 2018 (ci-dessous) pour s’en rendre compte.

Avenir radieu, Albert Robida, Le vingtième siècle, 1883 : les cheminées d'usines ne sont pas symbole de pollution mais la promesse d'un avenir technologique et prospère.
Avenir radieux, Albert Robida, Le vingtième siècle, 1883 : les cheminées d'usines ne sont pas symbole de pollution mais la promesse d'un avenir technologique et prospère.

La technologie n’est pas l'unique réponse mais elle aura un grand rôle à jouer

Time for the Planet a identifié 20 problématiques techniques, 20 challenges que l’humanité doit relever en même temps qu’elle doit opérer sa mutation vers un modèle de société différent. 

Les 20 problématiques en question sont les suivantes :

Viser le zéro émission :

Améliorer l'efficacité énergétique :

Proposer des alternatives pour encourager la sobriété :

Capter les gaz à effet de serre :

Ces challenges peuvent être relevés indifféremment par des innovations nécessitant de la R&D high-tech, ou simplement par du low-tech, voire par de simples innovations de business modèles. Exemples : 

 

Low tech lab
Low-tech lab
Back market
Back market

Que l’on soit en situation de décroissance ou que le monde continue à croître, il faudra quoi qu’il arrive relever le challenge du changement climatique. Nous n’avons plus le choix.

En résumé :

Dans tous les cas, on a donc besoin d’action. Time for the Planet ne se définit que par sa volonté d’agir, et non par un modèle de société à imposer. Le rôle des citoyen·nes et des politiques est de choisir leur modèle de société. Celui de Time for the Planet est d’agir sans attendre, parce qu’il y a urgence. Nous avons un plan précis, argumenté et rationnel pour obtenir des résultats impactants au niveau mondial. 

Le plan de Time for the Planet

Les 20 problèmes majeurs que nous avons cités ci-dessus peuvent être réglés par l’innovation. Il faut pour cela rassembler 3 éléments : 

. des scientifiques/ingénieurs/inventeurs, qui proposent une amélioration technique suffisamment radicale pour pouvoir être déployée à l’échelle mondiale, qui génèrent un effet considérable sur les émissions de GES, et qui possèdent un modèle économique crédible ;

. des entrepreneurs d’exception, aguerris, ayant montré leur capacité à exécuter ;

. de l’argent pour pouvoir les financer très rapidement et les suivre dans leur croissance exponentielle.

 Mais nous devons aussi proposer une nouvelle mentalité entrepreneuriale, capable d'adresser la crise climatique. Nous prônons un tout nouveau modèle d'entreprise : 

#Open source

Puisque le temps nous est compté, Time for the Planet va créer des entreprises qui renoncent à la propriété intellectuelle de leurs inventions. En d’autres termes, plutôt que de protéger les inventions par un brevet qui empêche toute personne de copier, améliorer ou commercialiser la solution, nous jouons le jeu du collectif en pariant que plus nous serons nombreux à exploiter une innovation, plus celle-ci aura de chances d’avoir de l’impact et d’entrer dans le quotidien de milliards d’individus. Ainsi, lorsque nos entreprises mettent en open source toutes leurs découvertes, elles permettent la création de centaines d’entreprises similaires partout dans le monde. Par conséquent, même dans le cas où nos entreprises échoueraient, il suffit que d’autres entrepreneurs, plus habiles, plus chanceux ou plus rapides, aient réussi à se déployer à grande échelle, pour que les émissions de GES d’un secteur entier soient considérablement réduites.